Suite à la publication du rapport de l’Anses qui a remis sur le devant de la scène la question de la contamination au cadmium de certains aliments, Plan Bio a interrogé des industriels et des distributeurs bio sur leur gestion de ce risque. Unanimement, les répondants indiquent suivre ce sujet de près, depuis longtemps. Ils se livrent chaque année à des centaines d’analyses sur les produits qu’ils commercialisent, avec des résultats souvent très en deçà des seuils réglementaires.
Cadmium : la filière bio prouve que la vigilance paie
La publication des travaux de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) sur le cadmium a fait l’effet d’une onde de choc. Le constat est pour le moins préoccupant : les Français sont davantage exposés à ce métal lourd qu’ils ne l’étaient lors de la précédente enquête nationale, menée en 2006-2007. L’alimentation représente jusqu’à 98 % de l’exposition au cadmium chez les non-fumeurs, avec en tête des produits les plus contaminés les céréales et leurs dérivés — pain, pâtes, riz, céréales du petit-déjeuner — mais aussi les pommes de terre et certains légumes.
Si la filière biologique a été mise dans le même sac que celle de l’agriculture conventionnelle, la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) a tenu à rappeler que la réglementation bio impose des seuils plus stricts, et que les pratiques agricoles biologiques — fondées sur la matière organique — offrent structurellement une meilleure protection des sols, et a fortiori des aliments, face à ce type de contamination.
Dans ce contexte que Plan Bio a sollicité neuf acteurs de la bio parmi les distributeurs et les marques, en vue de comprendre leur approche de ce délicat sujet. Une chose est certaine, la problématique du cadmium est loin d’être une découverte pour les professionnels de la bio, et parmi les répondants, elle est suivie de près.
Des centaines d’analyses menées chaque année
Qu’il s’agisse des distributeurs ou des fabricants, le sujet est pris très au sérieux et fait l’objet d’un suivi analytique structuré. « La surveillance du cadmium est pleinement intégrée à notre plan de contrôle analytique annuel, sur l’ensemble des familles de produits identifiées comme à risque », explique-t-on chez La Vie Claire, qui a conduit pas moins de 134 analyses spécifiques l’an passé sur ses produits à marque propre, mais aussi sur le vrac et les fruits et légumes. Une autre grande enseigne spécialisée, qui a souhaité s’exprimer sans être nommée, indique avoir passé au crible 513 tests sur des fruits et légumes au cours des années 2024 et 2025.
Et les fournisseurs ne sont pas en reste : chez Jardin Bio Etic, la marque surveille depuis des années, via un plan de contrôle structuré, toutes les matières soumises à un seuil réglementaire sur les métaux lourds, y compris le cadmium. Chez Ekibio comme chez Bonneterre, ce sont des analyses inopinées annuelles, conduites par des laboratoires indépendants, qui viennent compléter une sélection rigoureuse des matières premières en amont. La volumétrie des contrôles réalisés témoigne a minima d’une vigilance qui n’a pas attendu les récents travaux de l’Anses pour s’organiser.
Des teneurs parfois très en deçà des seuils réglementaires
Indépendamment du volume d’analyses menées chaque année, ce sont les résultats qui se montrent particulièrement parlant, et convergent dans le même sens, qu’il s’agisse des enseignes ou des marques. L’enseigne restée anonyme et citée plus haut livre des chiffres particulièrement détaillés : sur le demi millier de tests menés, 63,7 % de ses produits se trouvent sous le seuil de détection du cadmium, et 99,4 % affichent des teneurs inférieures d’au moins 50 % à la limite réglementaire de leur catégorie (100 % étant conformes à la réglementation). La Vie Claire affiche elle aussi un taux de conformité de 100 % sur ses 134 analyses.
Côté fabricants, l’historique d’Ekibio sur trois ans révèle des teneurs situées entre 5 et 20 fois en dessous des seuils réglementaires, là encore avec un taux de conformité de 100 %. Bonneterre, enfin, indique que l’ensemble de ses références se situe en deçà des limites fixées par l’Union européenne. Selon l’Anses, « le mode de production biologique ne permet pas, à lui seul, d’éviter l’exposition au cadmium », mais ces résultats, pris dans leur ensemble, tendent à montrer que les pratiques de la filière contribuent bel et bien à en limiter l’exposition des consommateurs.
Article publié le 29 avril 2026 par Plan bio
https://www.plan-bio.info/cadmium-la-filiere-bio-prouve-que-la-vigilance-paie/



